Les certifications professionnelles de la Nouvelle-Calédonie

Dans le cadre de sa compétence, transférée par l’État en 1999, la Nouvelle-Calédonie crée et délivre ses propres certifications professionnelles.

Les principes généraux guidant la création d’un diplôme de la Nouvelle-Calédonie sont les suivants :

  • répondre aux besoins de l’économie calédonienne, en créant des certifications adaptées à l’évolution des qualifications et aux pratiques professionnelles ;

  • associer les partenaires sociaux et les professionnels aux différentes étapes du processus de création puis de mise en œuvre ;

  • développer une ingénierie de validation des compétences adaptée à tous les publics et à toutes voies d’accès (formation et VAE).

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Certifications nc

 

Projet de création

L’initiative de la demande peut provenir de plusieurs profils d’acteurs du système économique :

  • une entreprise ou un groupe d’entreprises,

  • une organisation  professionnelle (syndicat, association, chambre consulaire, etc.),

  • une collectivité publique.

Si la demande n’émane pas d’une organisation professionnelle ou d’une collectivité publique, elle doit être accompagnée d’un avis favorable d’une organisation professionnelle d’employeurs représentative de l’activité concernée ou d’une collectivité publique concernée par l’emploi des futurs certifiés. La certification n’est créée par la Nouvelle-Calédonie que si elle apporte la preuve de son utilité et de son intérêt sur le marché du travail. Une étude d’opportunité est donc demandée pour éclairer la décision de la CCCP et du gouvernement sur l’intérêt de créer cette certification.

Le dossier devra notamment préciser :

  • le contexte économique : les opportunités ou contraintes économiques et/ou sociales qui ont conduit au projet de création de la certification ;

  • les conditions d’exercice du métier en Nouvelle-Calédonie :

    • effectif moyen et secteur d’activité des entreprises susceptibles d’offrir un emploi aux titulaires de la certification,

    • positionnement hiérarchique et fonctionnel des emplois ciblés pour les titulaires de la certification,

    • si la profession est réglementée ;

  • le potentiel d’insertion des futurs diplômés ;

  • le public visé par la certification ;

  • les structures ou experts consultés ;

  • les études et travaux de référence : les travaux, observations, analyses, études prospectives, études de marché... auxquels le demandeur s’est référé lors de la création de la certification.

Après avis de la CCCP, le gouvernement valide ou pas le projet de création.

Rédaction des référentiels

Un groupe de travail chargé de rédiger les référentiels - professionnel et de certification - est ensuite constitué. Il réunit :

  • des professionnels représentant des employeurs et des salariés exerçant le métier concerné,
  • la DFPC,
  • une ou plusieurs directions techniques de la Nouvelle-Calédonie compétentes sur le secteur couvert (exemple : la DASS pour un diplôme du secteur de la santé).

Au cours de plusieurs réunions s’étalant sur plusieurs mois, le groupe de travail définit le référentiel professionnel et le référentiel de certification. Des experts peuvent être consultés au cours des travaux.

Le référentiel professionnel décrit le ou les emplois, les activités et les compétences liés au métier visé par la certification. Il positionne la certification sur un niveau de qualification allant du niveau 3 au niveau 8. Sont donc décrites de façon détaillée et contextualisée :

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Le référentiel de certification est ensuite établi à partir des activités et compétences professionnelles détaillées dans le référentiel professionnel. Il décrit :

  • l’ensemble des capacités, connaissances et compétences validées par la certification,

  • le niveau d’exigence attaché à chacune d’entre elles,

  • les modalités et procédures d’évaluation,

  • la nature des évaluations,

  • leur durée,

  • la composition du jury (nombre, titres et qualités des évaluateurs),

  • la description du plateau technique.

Toutes les certifications de la Nouvelle-Calédonie sont composées d’unités constitutives sanctionnées par des certificats professionnels unitaires (CPU). Chaque certificat atteste que son titulaire maîtrise un ensemble cohérent de compétences, d'aptitudes et de connaissances permettant l’exercice d’une ou de plusieurs activités constitutives de l’emploi/métier visé par la certification.

Cela permet à un candidat d’obtenir la totalité du diplôme ou de n’en valider qu’une partie, mais de pouvoir finaliser son parcours de certification dans un délai de cinq ans en repassant des épreuves pour valider les CPU auxquels il a échoué.

Exemple, le diplôme de formateur d’adultes : 

Création de la certification

À l’issue de la phase de rédaction, le dossier est présenté à la CCCP qui émet un avis sur l’adéquation de la certification au regard des besoins en compétences des employeurs et sur le contenu des deux référentiels.

exemple

Une fois la certification créée, la DFPC met en œuvre les différentes opérations qui vont de l’habilitation de l’organisme de formation à la délivrance des diplômes aux candidats.

certif

Habilitation des organismes de formation et des accompagnateurs VAE

Les organismes de formation qui souhaitent préparer des stagiaires à une certification de la Nouvelle-Calédonie doivent être habilités par le gouvernement. Ils doivent déposer auprès de la DFPC, au minimum trois mois avant la date de début de la première formation, un dossier qui présente les modalités d’organisation de leurs formations.

L’organisme doit en particulier détailler :

  • le plateau technique dédié à la formation : locaux, équipements, matériels techniques et pédagogiques ;

  • la qualification, l’expérience et la formation des formateurs ;

  • l’organisation pédagogique proposée ;

  • les modalités d’évaluation pédagogique en cours de formation ;

  • le suivi de l’insertion des stagiaires.

Il fournit en conséquence à l’appui de sa demande :

  • le référentiel de formation ;

  • une description du plateau technique (plan, liste d’équipements et de matériels, etc.) ;

  • les CV des formateurs et accompagnateurs VAE ;

  • le portefeuille de compétences des formateurs et accompagnateurs VAE.

Après instruction, l’habilitation peut être :

  • refusée si l’autorité certificatrice estime que l’organisme n’offre pas de garanties suffisantes pour la mise en œuvre de la formation et une préparation optimale des candidats aux examens d’évaluation ;

  • accordée pour une durée maximale de trois ans.

De même, les personnes souhaitant assurer un accompagnement méthodologiques des candidats VAE doivent être habilitées par la DFPC au vu de leur capacité à assurer une prestation respectant un certain nombre de principes méthodologiques et déontologiques précisés dans la charte de l’accompagnement VAE.

Constitution des jurys d'examen

Les personnes habilitées à participer à des jurys d’examen sont des professionnels du métier désignés par arrêté du président du gouvernement.

Gestion des sujets d'examen

Le jury est amené à évaluer les candidats sur la base de sujets élaborés par ou sous contrôle de l'autorité certificatrice. Il dispose en complément de grilles d’évaluation lui permettant d’objectiver son appréciation.

Organisation des sessions d'examen

En lien avec l’organisme de formation habilité, la DFPC organise la session d’examen :

  • convocation des candidats,

  • réunion préparatoire du jury,

  • préparation du plateau technique,

  • organisation du calendrier des épreuves,

  • établissement avec le jury du procès-verbal d’examen.

Délivrance des diplômes

Au vu du procès-verbal d’examen signé par jury, la DFPC établit les « parchemins » qui sont alors transmis aux lauréats.

Gestion des contentieux

En cas de contestation d’un candidat, la DFPC traite les recours gracieux et administratifs ou les recours contentieux déposés auprès du Tribunal administratif de Nouméa.